Jean-Yves Picq a écrit Théâtre B. à Beyrouth en 2000. Nous pourrions commencer cette présentation en disant Beyrouth 2026… dans cet éternel recommencement de la folie des hommes.
Le texte fragmentaire, violent, et presque hallucinatoire, fait du théâtre désaffecté le corps même d’une ville détruite, Beyrouth, offerte en cadavre à des embaumeurs cyniques. Entre ces deux pôles se dessine une même question : que reste-t-il de l’humain lorsque la scène s’écroule, lorsque le sens se dissout, lorsque le spectacle devient morgue ? Que reste-t-il de l’humain lorsque disparaissent la réalité du rêve, la vérité du songe, la beauté du désir ?
Nicole Vautier va incarner les personnages-fantômes de cette ville détruite, s’adressant aux morts et aux vivants, pour lancer son cri d’alarme sur une humanité en voie de disparition, sur une humanité qui n’a plus rien d’humain. Ici tout est théâtre et elle nous entraînera de la libération du rire à l’émotion des larmes. Elle sera cette Antigone des temps modernes, condamnée à mort pour avoir osé dire la vérité. Elle nous évoquera l’énigme d’être de mourir et de naître qui crée notre effroi.
A partir de 16 ans.